Bonne Année 2016! Prenez bien soin de vous, que cette année soit plus belle que la précédente, que l'amour triomphe de la barbarie.

J'espère.

Pour moi, l'année commence bien, tranquillement. Visionnage de film, tentative de projets, travail et dessin.

Et dans le lot, j'ai vu un superbe film de Nagisa Oshima, A propos des Chansons Paillardes au Japon.

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J'avoue, c'est d'abord le titre qui m'a interloqué. A propos des Chansons Paillardes au Japon est un film de 1967, tourné sans scénario pré-écrit et avec des acteurs amateurs. Je pense que ce film (Nihon Shunka-Ko en version originale) fait partie de ce renouveau du genre apparu de part le monde dans les années 60 avec la Nouvelle Vague en France, Le nouvel Hollywood aux Etats-Unis, etc. D'ailleurs le film est une Production Sozosha, maison de production créé par le réalisateur lui-même et ses amis, afin de promouvoir la création de "nouveaux films" au Japon.

A Propos des Chansons Paillardes au Japon raconte l'histoire de quatre lycéens, venu à Tokyo passer les concours d'entrée à l'université. Quatre branleurs en somme, plus occupés à relooker les filles et à penser au sexe qu'à réussir leurs exams. Surtout quand ils croisent en salle de concours une magnifique jeune fille dont ils ne connaissent que le numéro d'examen: 469. S'en suit toute une expédition qui les mènera au professeur Otake et aux secrets des chansons paillardes. 


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 La première chose qui m'a ébahi dans ce film ce sont ces plans. Tant au niveau du cadrage, que des couleurs ou de la lumière. Je suis restée scotchée. Je crois que ce format très allongé joue beaucoup, on a souvent ces impressions de "peintures" pendant le film. On retrouve ce genre d'images très construites chez Peter Greenaway. Si vous voyez le genre.

Et j'ai adoré l'histoire. En tant normal, je ne suis pas très fan des choses "sans scénario pré-établi". Souvent il y a un aspect contemplatif un peu "cache-misère" sans vrai volonté derrière, sinon celle de meubler. Je le sais, je suis la première à la faire. Et je me soigne. 

L'histoire a autant de ramifications possibles que de sujets abordés. Mêlant réalité, fantasme, histoire intime et publique, vision des genres et du désir, document politique et culture populaire. Plusieurs fois dans le film, j'ai eu l'impression d'être embarquée dans une histoire complètement différente. 

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En conclusion, si vous avez l'occasion de voir A Propos des Chansons Paillardes au Japon, regardez-le. Pour ma part, ça m'ouvre une nouvelle porte au nom d'Oshima, avec pleins de choses à découvrir. 2016, envoie du lourd.

 

Un lien ici, plus centré sur l'histoire.

Une critique de Kurosawa cinéma.

Et celle du Journal de Pok.